HISTOIRE
Un siècle de savoir-faire
Des lionnes économes
Pionnier de la technologie à huile lourde appliquée en France à une voiture de tourisme, Peugeot a manifesté dès la fin de la Première Guerre mondiale son intérêt pour le diesel. Un moteur bicylindre deux temps dû à l’ingénieur Tartrais est monté sur une type 156 et une type 153 en 1922. Des essais routiers sur longues distances sont réalisés, dont la presse se fait l’écho. Ancêtre de la société Indénor, la Compagnie Lilloise des Moteurs ,filiale Peugeot crée en 1928 construira des moteurs deux temps à pistons opposés sous licence Junkers. Ils seront notamment destinés aux véhicules industriels.
C’est en 1938 que Peugeot sort une 402 B fonctionnant au gazole, dont un certain nombre d’exemplaires sont confiés à des chauffeurs de taxis. Cette dernière reçoit un quatre cylindres type HL 50 de 2,3 litres développant 55 ch, qui équipe des véhicules utilitaires légers depuis 1936. Il est doté d’une culasse fabriquée sous licence suisse Oberhaensli. La guerre mettra un terme à cette première tentative.
Fort de cette longueur d’avance acquise en France, Peugeot va devenir la marque hexagonale leader du diesel dans notre pays. Au salon de 1959, la marque au lion est, avec la 403 D, le premier constructeur français à lancer une berline diesel en série. Son moteur Indénor de 1,8 litre, qui développe 55 ch SAE, l’entraîne à 120 km/h. Le niveau sonore est encore élevé et la voiture sera surtout acquise par les compagnies de taxis — la voiture a du reste été lancée après que des exemplaires d’avant série furent utilisés par des taxis parisiens.
La berline 404 prend le relais en 1963, mais elle est dotée d’une motorisation plus puissante, l’Indénor XD 88 de 1,9 litre et 68 ch SAE. En juin 1965, la marque réalise un coup d’éclat en s’adjugeant quarante records internationaux sur le circuit de Montlhéry avec un véhicule spécial. Il s’agit d’un cabriolet 404 diesel qui a été transformée en monoplace. Cette 404 de record trônera sur le stand Peugeot du salon de Paris de la même année. La technologie Peugeot réalise alors de réels progrès en matière de nuisances liées au diesel, notamment en ce qui concerne le bruit et les odeurs.
Peugeot crée à nouveau l’événement en présentant au salon de Paris 1967 une 204 diesel. Son moteur type XLD est le plus petit diesel au monde à être monté en série sur une automobile,¬ en l’occurrence le break 204. Avec 40 ch DIN pour une cylindrée de 1255 cm3, il est également le premier réalisé en aluminium. La berline bénéficiera en 1975 d’un nouveau XL 4D de 1357 cm3 offrant 45 ch DIN et lancé deux ans plus tôt sur le break.
En 1970, soit deux ans après sa naissance, la 504 est déclinée en version diesel motorisée par un 2,1 litres Indénor XD 90 (65ch DIN et 134 km/h). Le premier choc pétrolier va apporter à la 504 diesel une clientèle nouvelle. La voiture connaît alors un vif succès, y compris à l’exportation. En 1977, la berline haut de gamme GLD bénéficie d’un moteur de 2,3 litres développant 70 ch DIN (141 km/h).
Avec la 604 D Turbo, Peugeot commercialise en 1979 la première berline turbodiesel en Europe. La voiture fait son entrée sur le marché un an avant l’introduction de la Mercedes 300 TD Turbodiesel. Elle est dotée d’un quatre cylindres de 2,3 litres, qui, suralimenté par un turbo américain Garrett, développe 80 ch DIN. Il offre aussi un couple en net progrès, qui améliore le confort de conduite. La 604 D Turbo est créditée d’une vitesse qui se situe entre 144 km/h et 157 km/h selon le mode de transmission choisi, boîte à quatre, cinq vitesses ou automatique. La puissance évoluera en 1984 avec la nouvelle GTD, qui partagera avec la 505 le moteur XD3T de 2,5 litres et 95 ch (165 km/h).
Dès lors, tous les modèles Peugeot proposent dès leur lancement des versions diesel. Reconnue mondialement pour son savoir faire, la marque devient le fournisseur en moteurs diesel de plusieurs constructeurs européens et américains. Peugeot lance à la fin des années 90 la technologie HDi (injection directe haute pression et rampe commune), plus puissante, plus économe et moins polluante. Montée d’abord sur la 406, elle est ensuite généralisée à toute la gamme. Pour réduire encore la pollution Peugeot ajoute le filtre à particules, sur la 607 en première mondiale, et proposer ensuite sur d’autres modèles.
Ces avancées technologiques se retrouvent sur la 908 HDi FAP, qui constitue le nouveau défi lancé par Peugeot pour remporter les 24 heures du Mans avec une machine à motorisation diesel.
