HISTOIRE

Un siècle de savoir-faire

Des amis surs : les taxis

Après avoir pris quelque retard sur le marché des taxis par rapport à ses concurrents, Peugeot affirmera son incontestable suprématie à partir des années soixante grâce à ses motorisations diesel.

C’est au cours de la seconde moitié des années trente que la marque au lion commence à prendre sa vraie place sur ce marché, après le leadership de Citroën dans les années vingt et de Renault au début de la décennie suivante. Si la transformation de la 301 longue est proposée sur devis en 1934, la véritable offensive se fait l’année suivante avec la 401 DL.

Modèle spécifique, la DLT (T pour taxi) reçoit de nombreux équipements adaptés à sa fonction : cloison de séparation avec vitre, siège chauffeur revêtu de cuir et cinq places dont deux strapontins à l’arrière pour les clients. De plus, comme les Renault KZ, le bas de la portière avant droite se replie, ce qui permet à cette dernière de s’ouvrir à 180° sur l’aile. Le transport de bagages encombrants à côté du chauffeur est ainsi rendu possible. La voiture reçoit encore une batterie de 12 volts pour mieux démarrer par temps froid. De nombreux taxis parisiens l’adoptent, qui bénéficient du chauffage et de la TSF.

Construite en 1934 et 1935 à environ 1800 exemplaires, la 401 DLT cède la place à la 402 LT en 1936. Mieux motorisée — deux litres de 55 ch contre 1,7 litre de 44 ch —, cette dernière va marcher sur les pas de sa devancière. Plusieurs milliers de taxis 402 sillonneront les rues de Paris et des grandes villes de province, sans oublier ce qui était alors les colonies. En 1938, Peugeot sortira une 402 B diesel au 2,3 litres de 55 ch, dont un certain nombre d’exemplaires seront confiés à des chauffeurs de taxis. La guerre mettra un terme à l’expérimentation.

Après le conflit, Peugeot est, avec la 403 D, le premier constructeur français à lancer une berline diesel en série. Le niveau sonore élevé de son moteur Indénor de 48 ch réserve pratiquement la voiture aux compagnies de taxis. Elle a d’ailleurs été lancée après que des modèles d’avant série ont été utilisés à Paris par ces dernières.
C’est surtout avec la 404 D que le taxi Peugeot diesel va connaître son véritable essor. Les 504 et 505 lui emboîteront le pas, qui permettront à la marque au lion de prendre l’ascendant sur Renault et Citroën. Sochaux devient alors le leader incontesté du marché français du taxi. Il convient de souligner que, contrairement aux années trente, il ne s’agit pas de véhicules spécifiques, mais de voitures pratiquement identiques aux modèles de série.

S’agissant des automobiles dédiées aux services publics, on ajoutera les breaks Peugeot (403, 404, 504 et suivants) qui ont servi de base à la réalisation d’ambulances — à côté ses fourgons (D3A, D4A, J7, J9 et leurs successeurs) surtout utilisés à cette fonction. Sans parler de ceux largement acquis par la Gendarmerie et les différents services de police.

 Le Pape Jean-Paul II a également roulé en Peugeot. Dans une 604 Limousine Heuliez lors de son voyage à Lisieux en 1980, ainsi que dans un pick-up 504, la « papamobile » de Sochaux .Spécialement aménagé en 1980 (en deux exemplaires) par le Centre d’études de La Garenne  à l’occasion du voyage du souverain pontife en France en 1980 et 1988. Un exemplaire est exposé au Musée de L’Aventure Peugeot à Sochaux.