HISTOIRE
La Saga du Lion
Une saga industrielle
L’aventure industrielle de Peugeot naît d’une fonderie d’acier installée dans un moulin à grains reconverti. Elle sera rapidement abandonnée pour une activité plus rentable, le laminage à froid, dont un brevet est déposé en 1818. Cette dernière débouche sur la fabrication d’objets manufacturés, des scies et des mécanismes d’horlogerie. Succès et prospérité sont au rendez-vous grâce à la qualité des produits, qui sont déjà exportés. Cette dernière sera symbolisée par l’emblème du lion.
Peugeot se lance dans une diversification tous azimuts. La production embrasse une multitude d’outillages et de produits, qui représentent tous les métiers manuels du siècle. En 1840, la firme passe de l’atelier à la cuisine avec le premier moulin à café. Il sera fabriqué jusqu’en1975 après être devenu électrique dès le début des années trente. Le célèbre moulin entre également chez les professionnels, dans les épiceries et les cafés. Dans son sillage, suivra le moulin à poivre. Pratiquement inusable grâce à un système de taillage breveté, il est encore produit aujourd’hui après avoir été diffusé dans le monde entier à des millions d’exemplaires.
Le monde féminin est tout aussi concerné par l’appétit du lion avec les crinolines et les baleines de corset, et, en 1867, les machines à coudre — elles seront construites jusqu’en 1936.
Le pays de Montbéliard ayant échappé aux armées prussiennes, la prospérité se poursuit. Le grand bi, les tricycles et bicyclettes y concourent. Tout comme ultérieurement les fers à repasser, les machines à laver le linge dès 1920, les postes de radio avec l’invention de la TSF et les appareils électroménagers dans les années soixante, dont le premier robot ménager, le Peugimix, et bien d’autres produits.
Au milieu du XIXe siècle, de nouvelles usines sont sorties de terre à Valentigney et Beaulieu qui accueilleront plus tard les voitures. Pionnier de l’automobile, Armand Peugeot sait que l’avenir de l’automobile passe par le moteur à pétrole. Après le court intermède du tricycle à vapeur construit avec Serpollet, pour bénéficier de cette mécanique il passe un accord avec Gottlieb Daimler et la Sté Panhard et Levassor (détentrice de sa licence pour la France). Dès 1891 est lancée le Type 3 premier quadricycle Peugeot à pétrole fabriqué en série.
Le succès ne va pas tarder. Mais avant cela, Armand Peugeot doit séparer l’activité automobile des autres productions de son cousin Eugène qui est hostile à l’automobile. Il fonde en 1896 la Société des Automobiles Peugeot et fait construire une nouvelle usine à Audincourt pour construire ses voitures. Aux termes de la séparation, il est interdit aux « Fils de Peugeot Frères », la société d’Eugène, de produire des automobiles et à la Société des Automobiles Peugeot de construire des outils, deux roues, tricycles et quadricycles dotés d’une selle.
Les Fils d’Eugène vont néanmoins lancer en 1905 leur propre marque automobile baptisée Lion-Peugeot, des modèles populaires. Les choses rentreront dans l’ordre en 1910 avec la fusion des deux marques. Le premier utilitaire est sorti en 1895, le Type 13. Le premier moteur conçu et fabriqué par Peugeot est apparu l’année suivante. La première usine située hors de la Franche-Comté est née à Fives-Lille en 1897.
Après la fusion, la puissance industrielle de l’ensemble est considérable avec quatre usines à Audincourt, Lille, Beaulieu et Valentigney. Avant la Première Guerre mondiale, Peugeot construit 10 000 voitures, soit la moitié de la production française.
Peugeot connaît toutefois des difficultés financières après la guerre. Endettée, la firme emprunte et en 1926, les cycles, activité la plus rentable, reprennent leur indépendance juridique par rapport à l’automobile. Deux sociétés sont créées, Automobiles Peugeot et Cycles Peugeot.
En 1925, la 100 000e Peugeot sort d’usine. Les moyens de production sont concentrés en 1929 sur le site de Sochaux, inauguré en 1912. La marque passera relativement bien la crise des années trente grâce au succès de la 201.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une politique monomodèle est inaugurée avec la 203. Elle connaîtra son terme en 1965 avec le lancement de la 204. La même année voit la création de Peugeot SA, une holding contrôlant toutes les sociétés du groupe. Quatre ans plus tôt, a commencé la construction de l’usine de Mulhouse appelée à devenir le deuxième site de production de la marque.
A l’aube des années 70, Peugeot est devenu le deuxième constructeur français avec 500 000 voitures produites. La marque signe un accord de partenariat avec Renault en 1966 dont l’un des fruits sera en 1971, avec l’apport de Volvo, la construction d’un moteur, qui deviendra le V6 PRV. Ce partenariat, qui suit l’inauguration avec Renault d’une usine commune à Douvrin, sera suivi de nombreux autres. Avec Fiat en 1981 pour la production d’utilitaires et de monospaces, puis avec Ford en 1998 pour le développement de moteurs diesel, enfin avec Toyota en 2001 pour des modèles de petites cylindrées et BMW l’année suivante pour des motorisations essence..
La prise de contrôle de Citroën achevée en 1976 amène à la création de PSA Peugeot-Citroën. Redoublant de voracité, le lion rachète deux ans plus tard les trois filiales européennes de Chrysler. PSA récupère en même temps les sites industriels de Poissy, Ryton en Grande-Bretagne et Villaverde en Espagne. Mais la digestion de ces acquisitions répétées sur une courte période sera lourde. La tentative de ressusciter la marque Talbot en y intégrant les ex-filiales Chrysler se soldera par un échec.
Impératif vital dans le contexte de la mondialisation, la croissance de Peugeot à l’international est marquée par l’implantation en Chine en 1985, tandis que l’inauguration en 2001 de l’usine de Porto Real, au Brésil, après l’implantation en Argentine, renforce la présence de la marque au lion sur le marché du Mercosur.
