HISTOIRE

La Saga du Lion

Une saga familiale

Les origines de la famille Peugeot remontent au XVe siècle. Etablie dans la région de Montbéliard, alors partie du duché de Wurtemberg, elle devient Française avec l’annexion du pays par la Convention en 1793.

Jean-Jacques Peugeot est meunier en 1725. Un de ses fils, Jean-Pierre, est tisserand. En léguant à ses héritiers un moulin à grains à Hérimoncourt, le moulin de Sous-Cratet, ce dernier est à l’origine de l’orientation industrielle de la famille. En 1810, les fils de Jean-Pierre, Jean-Pierre II et Jean-Frédéric, s’associent à Jacques Maillard-Salins (membre de la famille Japy, des horlogers réputés) pour fonder la société Peugeot-Frères et Jacques Maillard-Salins. L’entreprise est spécialisée dans la production d’acier laminé et d’outils.

Le besoin de capitaux nécessaire à la poursuite de sa croissance amène l’entreprise à s’adjoindre de nouveaux associés. Elle devient Peugeot-Frères et Compagnie en 1819. Jean-Pierre II et Jean-Frédéric retrouveront leur indépendance en 1832 dans le cadre de la société Peugeot Frères Aînés. Cette dernière subit une crise en 1851. Jules et Emile, les deux fils de Jean-Pierre II, s’associent à un neveu pour créer la société Peugeot Frères, dont le siège est à Valentigney.

Eugène et Armand, les fils de Jules et Emile, vont prendre progressivement les rênes de l’entreprise. Les affaires marchent fort bien en cette époque prospère du Second Empire, ce qui permet de mener une politique sociale audacieuse : la journée de travail est réduite à dix heures dès 1869, tandis que sont créées des sociétés de secours mutuel, une caisse de retraite du personnel, une caisse d’assurance contre les accidents, etc.  

Dans les décennies qui suivent, l’entreprise est marquée par la figure d’Armand Peugeot, dont le rôle va se révéler déterminant pour l’avenir de la firme. Visionnaire, l’homme va sculpter le destin de Peugeot. Sans lui, la marque ne serait sans doute pas devenue ce qu’elle est aujourd’hui. En 1886, il lance la fabrication des bicyclettes avant de s’intéresser à l’automobile. Il comprend que le moteur  à pétrole qui, seul, permet de construire une voiture légère et fiable, est le futur de l’automobile. Il est le père de la première Peugeot à pétrole en 1891 dotée d’un moteur Daimler.

Mais Eugène s’avère très hostile à l’automobile et les deux cousins s’affrontent. Ils restent toutefois provisoirement unis. Peugeot Frères devient Les Fils de Peugeot Frères avec Eugène comme principal actionnaire. Mais le conflit finit par éclater. Les deux hommes séparent leurs activités et Armand fonde en 1896 la Société des Automobiles Peugeot.

Si les deux sociétés ne peuvent se concurrencer, la répartition des tâches mise en place connaît néanmoins une exception avec la production, à partir de 1905, des voitures Lion-Peugeot par Les Fils de Peugeot Frères moyennant des compensations financières. Celles-ci finissent par coûter très cher aux trois fils d’Eugène (Robert, Pierre et Jules), qui ont pris la relève après le décès de leur père. D’où la fusion des deux entités en 1910. Les fils d’Eugène s’entendent avec Armand pour créer la Société anonyme des automobiles et cycles Peugeot, placée sous la direction de Robert Peugeot. Armand s’éteint en 1915.

En 1928, Jean-Pierre Peugeot, fils de Robert, prend en main les destinées de la firme. C’est lui qui crée le club de football FC Sochaux financé par la marque. Maurice Jordan, bras droit de longue date de JP Peugeot,  lui succède en 1964 et sera le premier dirigeant du groupe à ne pas être issu de la famille. Il sera suivi par François Gauthier, Jacques Calvet, Jean-Martin Folz et Christian Streiff en 2007. La famille n’en reste pas moins aux commandes. A Pierre Peugeot, président du conseil de surveillance de PSA, a succédé son fils Thierry dans les mêmes fonctions.