HISTOIRE
La Saga du Lion
Les Métamorphoses du lion
Depuis plus d’un siècle et demi, le fier symbole du lion incarne l’image de qualité à laquelle Peugeot s’identifie. Au fil des décennies, le fauve fera office de trait d’union entre des produits, dont le nombre incalculable n’aura d’égal que l’incroyable diversité : des outils à mains aux automobiles…
Au début du XIXe siècle, la qualité de fabrication de leurs outils, en particulier les lames de scies, amène succès et prospérité aux frères Peugeot. Pour symboliser cet avantage, ils choisissent pour emblème (on ne parle pas à cette époque de logotype) le lion, dont la puissance des mâchoires fait référence à la fermeté des dents des lames. Les analogies convoquées avec les autres qualités du fauve sont la souplesse de la lame et la rapidité de la coupe.
Le lion sera déposé en 1858 au Conservatoire Impérial des Arts et Métiers, après avoir été dessiné en 1847 par Justin Blazer, un graveur de Montbéliard. L’animal, qui à cette époque marche fièrement sur une flèche, va se retrouver sur une multitude d’outillages souvent présentés dans des armoires et des boîtes également frappés du roi des animaux. Pour identifier les trois niveaux de qualité qui caractérisent ces outils, d’autres logos sont utilisés — un croissant de lune et une main.
Accompagnant tous les produits Peugeot, et ils sont nombreux, le lion orne également les cycles, les motos et enfin les automobiles. Les Lion-Peugeot le portent (marchant sur une flèche), mais non les voitures d’Armand Peugeot. Il n’apparaîtra sur les calandres des automobiles qu’à partir du salon de Paris de 1933. Toutefois dans les années vingt des Peugeotistes étaient fiers d’arborer un lion en ornement sur leur bouchon de radiateur ( œuvre des sculpteurs Marx et Baudichon).
En plus d’un siècle et demi, le lion Peugeot va connaître de nombreuses métamorphoses. Après la fusion intervenue en 1910 entre les sociétés d’Armand et des fils d’Eugène Peugeot, il s’embourgeoise et se fait plus placide. Altier, il évoque la majesté du Lion de Belfort né après la guerre de 1870.
L’identité des différentes sociétés Peugeot est ensuite particularisée par des images spécifiques : un lion de combat pour les Cycles, c’est-à-dire les deux roues motorisés ou non, une tête de lion dans un écusson pour les automobiles. En 1927, on le voit en appui sur trois pattes perché sur un éperon au bord du vide, prêt à fondre sur sa proie. Un peu comme un aigle… En 1932, le graphisme est modernisé.
Sur la 203 à partir de 1948, le lion héraldique est emprunté aux armes de Franche-Comté, debout sur ses pattes arrière et de profil. A partir de 1965, il ne montre plus que sa tête, qui est inscrite dans un écu. Cette dernière abandonne trois ans plus tard ses lignes courbes pour un dessin aux angles acérés inscrit dans un carré.
La fin d’une époque a été sonnée en septembre 1958 avec la suppression, pour des raisons de sécurité, de la petite mascotte du lion, gueule ouverte, qui ornait le capot des Peugeot depuis les années trente.
L’année 1976 verra le retour du lion héraldique, sur pied mais dans un profil très stylisé (« lion fil »). Dans sa dernière évolution lancée en 1998, il apparaît plein et métallisé sur un fond carré bleu. Cette dernière sera légèrement retouchée en 2002. Le fauve a également inspiré des campagnes publicitaires à l’image du slogan « Un constructeur sort ses griffes », et couramment l’évocation de Peugeot se traduit par "la marque au lion"
