ENVIRONNEMENT

Opération Carbone

LA PEPINIERE

Plantés à la Fazenda (Brésil)

Une fois la taille requise, les plants sont transférés vers la Fazenda. Ils sont alors plantés, entretenus, examinés, mesurés.

Certaines espèces de plantes ont été spécialement choisies pour favoriser le retour d'animaux sauvages.

Découvrez à votre tour les arbres principalement plantés à la Fazenda:

Tabebuia

Bienvenue chez les Tabebuia, Ipê pour les intimes. Notre tribu groupe une dizaine d’espèces d’arbres, sans doute les plus connus et les plus répandus du Brésil. Dans la Fazenda aussi, nous sommes très présents. Du fait de notre croissance initiale rapide dans ce milieu ensoleillé, nous représentons 20% des plants mis en terre. Nous devons notre notoriété à la délicatesse de nos fleurs. Pour avoir inspiré de si nombreux poètes et écrivains, elles doivent être parmi les plus belles du monde, et leurs couleurs éclatantes font le bonheur des jardiniers. Grâce à notre palette de blanc, de jaune et de mauve, ils composent de véritables chef-d’œuvres, et transforment le moindre parc en somptueux tableau. Devant tant de splendeur, il est bien difficile de dire lequel d’entre nous est le plus beau. Toutefois c’est à moi, l’Îpé jaune, qu’est revenu l’honneur d’être désigné par le Brésil comme sa fleur nationale.

Hymenea courbaril

Si je m’appelle Hymenea courbaril, c’est en hommage à Hymen, le dieu grec du mariage, car mes feuilles vont toujours de paire. On m’aime un peu, beaucoup, parfois même à la folie. Est-ce à cause de mes délicieux fruits marron, qui contiennent une farine nutritive très appréciée des hommes et des animaux de la forêt ?

A moins que je ne doive cette ferveur à l’étrange résine jaune que secrète la base de mon tronc, et qui est réputée pour ses vertus médicinales ? Il est vrai qu’en décoction, mon écorce particulièrement énergétique est aussi tonifiante que fortifiante. Un vrai remontant, que les bûcherons du Brésil boivent pour surmonter la fatigue et travailler comme des forçats. Les indiens de l’Amazone ont longtemps utilisé ma résine pour leurs rituels magiques. Ils en faisaient des potions d’amour pour leurs cérémonies de mariage. Vous voyez ? J’ai vraiment tout pour être aimé !

Inga edulis

Si vous cherchez un secouriste, vous être bien tombé ! En bon Inga edulis, je suis toujours prêt à rendre service ! Une forêt abattue à reboiser en urgence ? Pas de problème, je pousse partout, et facilement encore ! Mon voisin, le Mogno, est attaqué de parasites ? Je les piège et les supprime aussitôt ! Des populations entières de singes hurleurs, des singes araignées ou d’oiseaux affamés à sauver de la famine ? Mon délicieux parfum de glace à la vanille, qui me vaut le surnom anglais de « Icecream bean », rassasie les plus gourmands. Les animaux m’adorent, ce qui assure la dissémination de mes graines. Et oui, que voulez-vous. Avant de sauver le monde, il faut d’abord penser à sa propre survie !

Simarouba amara

Généralement, quand on propose à un végétal une exposition en plein soleil, il part en courant ! Il faut le comprendre, il ne résisterait pas bien longtemps. Et bien moi, le Simarouba amara, la canicule ne me fait ni chaud ni froid. Et même dans une zone dégradée, et en plein cagnard, comme c’est le cas dans la Fazenda, je pousse à toute vitesse ! Mais ce n’est pas tout, je suis également un excellent remède contre la malaria et la dysenterie, comme ont pu le constater les explorateurs français qui m’ont découvert en Guyane au 18e siècle. Pour me remercier, ils ont fait ma réputation à travers le monde et, aujourd’hui encore, je suis utilisé en médecine naturelle dans plusieurs pays !

Swietenia macrophylla

De nos jours quand on est un Swietenia macrophylla, il vaut mieux éviter de le crier dans les bois ! J'ai beau être protégé par la loi, mon espèce s'éteint, victime d'une exploitation sauvage. Les Brésiliens m'appellent le Mogno, et me surnomment "l'or vert". A leurs yeux, je représente un trésor, car du fait de ma résistance et de ma coloration, les européens déboursent des fortunes pour me transformer en meuble de luxe. Une fois manufacturé, mon prix est multiplié par 3000. Cet argent rend les hommes fous, et leur folie se traduit en tuerie. En quelques heures, les braconniers nous abattent par dizaines, alors qu'il nous faut 100 ans pour nous atteindre l'âge adulte. Ma seule chance de survie sera l'application des nouvelles règles draconiennes, instaurées par les autorités brésiliennes pour limiter mon extraction et mieux contrôler ma commercialisation. Dans la Fazenda, ils essaient bien de me replanter, mais c'est loin d'être gagné.  Je ne supporte pas le plein découvert, et je suis tellement sensible aux insectes que, même en prenant soin de disperser les plantations pour éviter les attaques massives, la plupart de mes plants sont touchés.

Vous voyez, je suis agressé de toute part ! Quand ce n'est pas par les idiots, c'est par les bêtes ! 

Chorisia speciosa

Si je ne mesure que 3 mètres, c'est que je suis encore un bébé Chorisia speciosa ! Je n'étais qu'un petit plant de 20 cm quand je suis arrivé à la Fazenda. Vous voyez mon écorce rugueuse et couverte d'épines ? Elle me protège des prédateurs pendant ma longue croissance. Rassurez-vous, je suis paré pour résister à la dure vie des pâturages, et même les plus envahissantes des graminées ne peuvent m'empêcher de m'épanouir. Revenez me voir dans 50 ans, et je parie que vous me confondrez avec mon cousin le Baobab. Mon tronc de 1, 20 mètres de diamètre, en forme de bouteille, sera un véritable réservoir d'eau. Une denrée précieuse grâce à laquelle, du haut de mes 30 mètres, je parsèmerai le ciel brûlant de mes fleurs éclatantes !

 Hevea brasiliensis

Petite devinette : d'où vient le caoutchouc cette matière tendre et solide qui sert à fabriquer vos pneus, vos balles, vos semelles de chaussures ? De mon sang, figurez-vous.Ou plutôt de ma sève, car je suis un arbre. Il y a bien longtemps que les indiens d'Amazonie le prélèvent de mon tronc. Mais les Européens ne le connaissent que depuis 1745. C'est Charles de Condamine, le scientifique français qui a défini la position exacte de l'Equateur, qui en rapporta des échantillons.Un siècle plus tard, un Anglais importa illégalement mes graines en Angleterre et les diffusa dans les colonies ce qui, au passage, fera une vilaine concurrence au Brésil. C'est que le caoutchouc, ça vaut sont pesant de cacahouètes !

Après la seconde guerre mondiale, les industriels ont essayé de remplacer mon latex par du caoutchouc synthétique, soit disant plus facile à travailler et plus économique.

Mais ils ne sont jamais parvenus à égaler mes qualités. Aujourd'hui, je suis cultivé pour mon précieux nectar sur des millions d'hectares !